L'automobile a sa source

Gazogène fonctionnement et législation

Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands restreignent la distribution et l’utilisation de l’essence.

Ce qui était jusqu’alors une énergie reléguée au rang des carburants de remplacement devient à nouveau une énergie d’importance : le carburant dit » forestier » retrouve une place importante, et le gazogène équipera alors de nombreux véhicules.
Et, s’il est monté sur de nombreux véhicules, mieux vaut en réglementer l’usage, informer sur les propriétés, et définir le matériel nécessaire à son usage. Ce sera chose faite par la loi du 27 Août 1940 sur la réglementation de la circulation automobile. 

En 1941 toutes les informations et réglementations seront disponibles dans le Guide du gazogène et des énergies de remplacements préfacé par Robert HICGUET, chef du service des Gazogènes au secrétariat de l’Etat à la production industrielle.

Qu’est-ce qu’un gazogène ?

Il s’agit d’un équipement permettant de convertir un combustible solide en gaz actif (oxyde de carbone) par une combustion incomplète du carbone. La gazéification dépend de la nature du combustible.

Par combustibles solides forestier s’entendent : bois, bois torréfié, charbon de bois, agglomérés de charbon de bois.
Il y a également les combustibles minéraux : houilles, semi-coke, coke.

Que contient un système gazogène automobile et quel est son fonctionnement ?

Il y a 4 éléments essentiels :

– Un générateur,
– Un refroidisseur,
– Un épurateur,
– Un mélangeur

Le générateur n’est autre qu’un « poêle » en deux parties : une trémie destinée à recevoir la réserve de combustible qu’elle distribuera de façon régulière au foyer.
Le foyer est en partie inférieure et comprend le réceptacle des cendres.

On distingue deux types de combustion :

– La combustion directe par laquelle l’aspiration de l’air générée par le moteur circule de bas en haut.
– La combustion inversée est la plus appropriée pour le gazogène a bois.

Elle consiste à faire circuler l’air de haut en bas en accompagnant le combustible de façon à faire traverser le produit de sa combustion à travers la masse en train de bruler afin de produire la réaction d’élimination de la vapeur d’eau et d’enrichissement des gaz.

Le refroidisseur permet de refroidir et de réduire le volume des gaz sortant du générateur.
Cette phase est nécessaire pour admettre le poids de mélange gazeux le plus élevé possible dans les cylindres et ainsi augmenter le rendement moteur. Elle évite également d’enflammer les filtres de l’épurateur.

L’épurateur sert à nettoyer les gaz avant leur admission dans le moteur. L’épuration se fait par voie sèche ou voie humide.

Le mélangeur est l’équivalent du carburateur sur une voiture à essence. C’est donc une chambre qui assure le mélange optimum entre l’air comburant extérieur et les gaz combustibles.
Les constructeurs de l’époque avaient prévu un carburateur auxiliaire à essence pour les petits parcours ou le démarrage.D’ailleurs, afin d’accélérer le démarrage, le système gazogène est équipé d’un ventilateur de démarrage accélérant l’allumage du générateur par l’aspiration des gaz dans la tuyauterie.

Comment adapter un moteur à essence au système gazogène ?

Le pouvoir calorifique du mélange air-gaz étant plus bas que le mélange air-essence, et les déperditions dans le système gazogène, le rendement du moteur est inférieur de 40% environ.

Si l’on veut compenser cette perte, plusieurs modifications assez lourdes sont possibles :

  • Augmenter la cylindrée par un nouvel alésage des chambres ou des nouvelles chemises. Mais certains blocs moteurs ne peuvent qu’être ré-usiné que de peu.
    Cette opération permet d’augmenter la quantité de gaz admis dans le moteur à chaque cycle.
  • Relever le taux de compression au dessus du taux limite pour un moteur à essence. Cela est possible en réduisant le volume de la chambre de compression par un remplacement des pistons par des plus pénétrant au point mort haut ou en rapportant une calotte sur le fond des pistons en place. Il est aussi possible de raboter la culasse ou de d’ajouter sur la face interne un bossage. La pose une culasse spécifique avec chambres de combustion plus réduite permet un allumage plus rapide et mieux réparti du mélange, et une position de bougies plus centrée pour un allumage plus efficace.
  • Faciliter l’allumage en remplaçant les bougies standards par des bougies dites plus chaudes. L’intensité de l’allumage peut aussi être augmenter une magneto ou une bobine de tension supérieure. Le mélange air/gaz étant de combustion plus lente que celui air/essence, il conviendra d’augmenter l’avance à l’allumage.
  • Accroître le remplissage des cylindres par l’installation de pipes d’admission plus larges, des conduites plus rectilignes et de la durée de levée des soupapes plus longue. Pour cela, il conviendra de déposer l’ancien arbre à cames et en installer un autre permettant une levée plus rapide et plus importante des soupapes. Le diamètre des soupapes peut également être augmenté. La solution d’implanter un compresseur sur l’admission permet d’augmenter le poids air gaz. Elle compense la différence de perte de rendement sans nécessiter de pièces de rechange, ni d’usinage des organes du moteur.

Pour compléter le dispositif et lui conférer le meilleur rendement, l’injection du mélange à la température la plus basse possible est préférable.
L’adaptation d’un gazogène était donc plus aisée sur un moteur à régime lent, disposant d’une grande réserve de puissance (de forte cylindrée), et au taux de compression élevé.

Article fonctionnement gazogène

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :