L'automobile a sa source
La Mise en pièces

La Mise en pièces

Clairement, l’ouverture du compartiment moteur et l’observation de l’intérieur comme de la carrosserie m’ont fait prendre conscience qu’il faudrait plus qu’une bonne vidange, une batterie neuve et un bon nettoyage pour faire rouler Sandrillonnette à la date anniversaire de ma chère et tendre.

FORD Y Moteur montré tel qu'il était avant restauration
Le moteur d’une FORD Y dans son jus lors de sa sortie de grange

Il est maintenant temps de passer aux choses sérieuses : le démontage complet. 
Bon bricoleur, ayant expérience de la mécanique industrielle mais moins en mécanique auto, je me suis dit cela ne devait pas être bien compliqué de démonter une voiture.

 J’allais logiquement procéder à rebours. D’abord, par le démontage de l’habillage intérieur puisque c’est souvent là que l’assemblage d’une voiture se termine. 
Il faut se rendre à l’évidence, plus on est grand et plus la voiture est petite, plus la tâche devient vite contraignante. 
Quand une voiture vient d’outre-Manche, les écrous et boulons sont en côtes pouces et les clés en côtes métriques sont inadaptées. C’est encore plus vrai quand la rouille a fait son travail….

Me voilà contraint à un premier abandon. J’irais manger des cupcakes, s’il en reste.

Je profitais plus tard d’un déplacement professionnel en Angleterre pour m’acheter une caisse à outils très complète, mais aussi très …lourde, surtout quand l’avion est le moyen de transport choisi.

De retour à la maison, je peux enfin m’attaquer sérieusement à la mise en pièces.

J’ai fait de l’espace autour de mon ancienne. J’ai prévu des sachets, des boites en carton suffisamment solides et des bacs en plastique pour y mettre les vis, écrous et autres pièces. 
Je prendrais le temps d’y apposer des étiquettes avec la provenance de leur contenu. 

Nouvelle tentative de démontage et nouvel échec : La rouille est le pire ennemi du mécanicien et du carrossier ! 

J’ai bien connaissance des produits dégrippants mais sont-ils suffisants face à 80 ans de rouille cumulée. Une nouvelle visite sur le Web s’impose avant de casser quelque chose.
Blogs et forums sont nombreux sur le sujet donc il faut passer pas mal de temps pour trouver les informations pertinentes.
Pertinentes, une fois le tri fait parmi les trucs soi-disant miraculeux mais aussi irréfléchis.
Le lendemain, après un détour au magasin de bricolage le plus proche, et les bras remplis d’un coffret complet contenant une mini disqueuse / multi-outils, de produits dérouillant de toutes sortes, de brosses en fer et en laiton, d’une cartouche de gaz pour chalumeau, je pouvais me remettre à l’œuvre.

Ah ! un extincteur ou un seau d’eau à proximité sont toujours être utile quand on utilise le chalumeau et la disqueuse.

Rappel de ma stratégie de démontage : M’attaquer à l’habillage intérieur en premier.

  1. Pour plus d’espace à l’intérieur, je tomberais les sièges avant et la banquette arrière qui sont fixés sur la partie du plancher en ….bois!
    A l’époque (1933), la conception des voitures est encore un peu basée sur celle des voitures hippomobiles (carrosses). Pour des raisons de coûts et de poids, on le préfère encore à l’acier. 
  2. Vu l’état du bois ou plutôt de ce qui sert de logis aux vers à bois, je risquerai de passer au travers rapidement. Il me faudra le remplacer également. 

Bon ! je retirerais le bois du plancher. Ainsi, je pourrais tenir droit dans la voiture. 
Un toit ouvrant aurait été le top! D’ailleurs, il y en avait un… qui a visiblement disparu et laissé place à une tôle plate soudée grossièrement. Les fuites avaient dû être nombreuses pour que l’ancien propriétaire en arrive à cette solution.
Encore un souci d’économie ou d’un problème technique d’emboutissage de tôle de grande surface mais le toit n’était pas d’un seul tenant à l’époque. Le centre du toit était souvent fait d’un cuir tendu.

Appareil photo à portée de main et stylo sur l’oreille, je prends le temps de démonter étape par étape en illustrant et notant tous les points auxquels il faudra porter une attention particulière au remontage.
Tiens ! Je viens de m’apercevoir de ma première erreur !

Les sièges avant sont lourds. On le sent juste en les basculant.
La banquette arrière est volumineuse.
Et les marchepieds sont larges. 

J’ai dû les enjamber avec la charge dans les bras.
Les ailes d’une voiture d’Avant-guerre sont volumineuses et les parechocs dépassent.
J’aurais pû diminuer mes efforts en les démontant en premier, gagner de l’espace et j’évitais de donner des coups dans les ailes magnifiquement galbées ou de me blesser aux jambes sur les parechocs.

Pour l’accessibilité à l’intérieur, j’aurais dû aussi retirer le volant et le levier de vitesse !

Je révise donc ma stratégie. J’attaque donc le démontage des ailes, marchepieds et parechocs avant d’enlever le plancher.

Les morceaux de plancher encore entier serviront de gabarit pour la fabrication de nouveaux. En raison de la rouille, certaines vis ont dû être coupées. Il me faudra en retrouver….

Allez, voici quelques conseils :

  • Prévoir une stratégie de démontage et en écrire les étapes afin de ne pas se laisser entrainer dans un démontage désordonné.
  • Nettoyer grossièrement toutes les fixations extérieures (vis, écrous,etc..) à la brosse. La boue séchée absorbe une bonne partie du produit dégrippant appliqué qui perd en efficacité.
  • Le produit met du temps pour se frayer un passage dans les interstices et les pas de vis. Il faut donc le laisser agir longtemps, parfois très longtemps, même très très longtemps…
  • Si votre patience a des limites, il faut alors utiliser le chalumeau pour dilater un écrou et le refroidir rapidement avec de l’eau froide. Mais attention ! il y a un risque de le déformer et d’en faire un objet à jeter si l’acier est recuit ou de le faire fondre si la température est trop élevée.
  • Garder les vis et écrous même s’ils ne sont pas réutilisables. Mettez-les dans des sachets avec un étiquetage de leur provenance. Vous connaitrez ainsi la taille à commander pour le remontage. 
  • Ne rien jeter avant la fin de la restauration…

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